Publié par : reflexxx | juillet 21, 2008

Développement économique en méditerranéenne

 Développement économique en méditerranée: Leçon d’ « Aubade » n°1, « Ce qu’il ne faut pas faire », Leçon «Not Bad» n°1, « Ce qu’ils auraient pu faire »

 Vous souvenez vous de la campagne publicitaire d’Aubade et de ces « Leçons » qui ont émue la France (du moins sa gente masculine) il y quelques années?

Et bien Aubade va sans doute vous émouvoir de nouveau mais d’une toute autre façon.

A l’heure ou le projet de l’ Union pour la Méditerranéenne (UpM) est au coeur de l’actualité, peut-être avait vous entendu parler du « fait divers » concernant l’entreprise de confection de lingerie féminine Aubade/Calida. Cet histoire a été très efficacement raconter, et avec beaucoup de talent par Mustapha Kessous dans un article intitulé « Les damnées de la dentelle » du monde paru le 8 juillet 2008 et disponible en ligne ici:
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/07/07/aubade-les-dessous-de-la-delocalisation_1067209_3224.html

 Leçon d’ « Aubade » n°1, « Ce qu’il ne faut pas faire »

Pour résumé, Calida entreprise propriétaire d’ Aubade depuis 2 ans (précédemment en France de puis sa création en 1958 par Claude Pasquier , voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Aubade_(lingerie) pour plus de détails ) a délocalisé sa production depuis la France vers la Tunisie dans des conditions peut honorable, mettant les anciennes ouvrière française de la région Poitou-Charentes sur la paille et exploitant la misère des nouvelles ouvrières tunisiennes.

Si effectivement, cela a permis de donner du travail à de jeunes travailleuses tunisiennes se serait a priori plutôt en tirant les salaires vers le bas et donc pas vraiment dans le sens du développement économique de la région et de l’essor social. Quant a la fermeture du site de la production française et la mise au chômage des ouvrières qualifiées et expérimentées, pour elle, l’ascenseur social est en chute libre. L’entreprise Calida, elle, va très bien et son chiffre d’affaire est passé de 3,8 millions d’euros en 2006 à 9,6 millions en 2007 (des chiffres plus récents sont étrangement difficile à trouver mais cela m’étonnerais que l’entreprise soit en mauvaise santé). Aubade (et donc le groupe suisse Calida) se développe d’ailleurs sur le marché indien et n’hésite pas a basé sa publicité sous le label 100 % made in France (voir http://www.aubadeindia.com/aboutus.html ) pour être mieux perçu comme une marque de produit de luxe en Inde alors que les activités restant en France semble être uniquement le design et le développement technique (et encore cela reste à vérifier), de même que Calida se dit être 100 % made in Switzerland.

Felix Sulzberger, le dirigeant de Calida exprime d’ailleurs parfaitement sa vision des choses qui se peut se passer de pour justifier sa politique de « développement » dans un article publié sur le site du crédit suisse:

« Je pense qu’à moyen terme, les salaires en Chine et dans d’autres pays à bas coûts, tels que l’Europe de l’Est ou l’Afrique du Nord, sont amenés à se rapprocher. La Suisse n’a pas à redouter de nouvelles vagues de délocalisations de sites de production dans des industries nécessitant une main-d’œuvre importante, pour la bonne et simple raison qu’il n’existe plus beaucoup d’emplois de ce genre dans notre pays… »

Dans,cette logique il est évident qu’il est parfaitement inutile d’essayer de maintenir les emplois en Suisse et en France, et surtout inutile de chercher à élever les conditions de travail et le niveau de vie des employées tunisiennes puisqu’il est bien plus intéressant d’abaisser les coûts de leurs main d’œuvre afin celle de la Chine ou « d’autres pays à bas coûts ». Rarement une vue économique d’un libéralisme aussi excessif et inhumain n’a été exprimé aussi clairement et sans aucun complex.

Leçon «Not Bad» n°1, « Ce qu’ils auraient pu faire »

Voici dans cette partie la suggestion d’un « scénario » un peu différent et qui aurait pu être appliqué pour le bien de tous, qu’ils soient entrepreneurs, investisseurs, actionnaires ou employés. Aubade a (ou avait? ) un savoir faire précieux et de qualité fortement liés à la qualification et l’expérience de ces anciennes employées. C’est cette qualité qui a fait la réputation de la marque (qui risque avec une telle politique de développement d’être de moins en moins justifier) et qui en faisait un nom synonyme de qualité française dans le domaine de la lingerie. Au lieu de développer des activités complémentaire afin de produire une gamme de produit supplémentaire à plus bas prix, tout en conservant l’activité existante pour la production d’une gamme de plus haute qualité, l’entreprise a préférait ni plus ni moins délocaliser. Abaissant ainsi les coût de production, de main d’œuvre et de qualité par la même occasion. Et si par miracle l’opinion publique se sensibilisait à ce problème, peut-être même à l’abaissement de sa popularité.

Pourtant, il y avait une belle occasion de faire un acte économique solidaire. Si au lieu de délocaliser Aubade avait créer un filiale en Tunisie cela n’aurait pas nuit à sont développement. Il aurait été moindre peut-être mais lorsque l’on fait plus que doubler son chiffre d’affaire quelque pour cent de plus ou de moins ne font pas une grande différence comparer aux vies gâchées des anciens employé. En suivant le même raisonnement on peut aussi suggérer que les salaires des nouveaux employées aurait pu être tirés vers le haut par rapport au prix de la main d’œuvre du textile habituel en Tunisie plutôt que vers le bas comme il semble que ce soit le cas. Cela dit il n’ait jamais trop tard pour réinvestir les bénéfices dans des augmentations de salaire (moteurs de motivation) si les dirigeants de l’entreprise prennent conscience de leur comportement peu humaniste.

Par ailleurs, supprimer le site d’origine est sans doute une erreur économique. En effet, ce site aurait pu être non seulement un site dédié au haut de gamme (et donc justifier le label « made in France » par un savoir faire traditionnel pour cette gamme), mais aussi en favorisant des échanges entre les deux site sous la formes de stages ou autres, un lieux de formation pour améliorait les compétences des employées du nouveau site et ainsi améliorer la qualité de production de la gamme populaire. De plus, en matière de design il est évident qu’un site plus élitiste ne peut qu’avoir une influence positive sur l’ensemble des gammes de la production. On peut aussi se demander, si finalement le travail, la chaîne de production n’aurait pas pu être diviser entre les deux sites.

Leçon «Ooooooh! Bad!!!!!!!!» n°1, « Ce que l’on peut faire »

(le « Ooooh! » est à prononcer avec stupéfaction et le « Bad!!! » avec un air de réprimande)

  • Faire prendre conscience aux dirigeants, financiers et actionnaires d’Aubade qu’il peuvent encore rectifier le tire, réhabiliter le site d’origine, augmenter les employés du nouveau site (ben quoi? Pourquoi pas? Qui vous dit que ces gens n’ont pas une consciences après tout?)

  • Ne plus acheter ces produits pour protester

  • Informer les autres consommateurs ciblés sur les différents marchés (y compris l’Inde) des méthodes utilisées et surtout de ce qui ce cache derrière le « 100% Made in France » pour lequel ils paient une valeur ajoutée.

  • Anticiper d’autres dérives et en particulier dans le cadre du projet de l’ Union pour la Méditerranéenne de suivre ce modèle clairement contraire à tout idée de développement solidaire, c’est à dire ne pas s’élever en écrasant les autres. En l’occurrence ici, on a une certaine équité entre les deux rives de la méditerranée puisque les employées qu’elles soient en France ou en Tunisie sont toutes victimes d’une manière ou d’une autre de tels agissements.


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